Steve Tanner, membre du comité national d’A Rocha Suisse, siège au conseil d’administration d’A Rocha International. En 2026, il en prendra la présidence.
Il répond à nos questions.
Quel est ton rôle actuel dans le conseil d’administration d’ARI et quel sera ton rôle en tant que président ?
J’ai rejoint le conseil en tant que membre nommé par les entités A Rocha d’Europe du Sud et Méditerranée (France, Portugal, Liban, Suisse). Depuis 2023, je suis aussi le trésorier d’ARI. Mon futur rôle de président sera d’organiser et coordonner le travail du conseil d’administration, et faire le lien avec la direction opérationnelle d’A Rocha International. Ce sera très prenant, mais je me réjouis beaucoup de pouvoir servir le mouvement de cette manière!
Pourquoi la multiculturalité d’A Rocha est une valeur importante pour toi ?
Durant ces 15 années où j’ai été en contact avec des membres d’A Rocha des 5 continents, j’ai réalisé combien le mouvement est construit sur une grande diversité culturelle. C’est une énorme richesse que des hommes et des femmes des quatre coins de la Terre oeuvrent ensemble pour sa préservation. Cette unité est indispensable car les enjeux de la conservation sont globaux. Cette unité dans la diversité nous fait aussi vivre la réalité de l’église, qui ne connaît pas de frontières.
Quels sont les principaux défis actuels du mouvement A Rocha dans le monde?
Ces deux dernières années, le mouvement a entrepris un important travail collaboratif pour identifier ses priorités stratégiques (voir encadré), qui doivent être des réponses concrètes aux défis que nous rencontrons. L’un d’eux est de poursuivre et renforcer notre engagement auprès des communautés chrétiennes, afin qu’elles comprennent leur appel de prendre soin de la création de Dieu, et qu’elles s’y engagent. Nous sommes en effet les témoins d’une civilisation humaine qui fuit ses responsabilités et se trouve une multitude d’excuses pour ne pas prendre soin de la Terre comme elle le devrait. La fatalité, le défaitisme, l’égoïsme et le manque de courage font des ravages dans toutes les sociétés aujourd’hui, causant des désengagements dans la lutte contre le réchauffement climatique et l’effondrement de la biodiversité. Même en Suisse, nous assistons avec dépit à des retours en arrière malheureux en ce qui concerne la protection de l’environnement et du climat. L’un des plus grands défis d’A Rocha au niveau mondial est d’influencer les églises pour qu’elles ne baissent pas les bras, et qu’elles aillent à contre-courant du matérialisme et de l’individualisme qui sont les racines de notre comportement prédateur et destructeur envers la nature. Un autre défi est de rejoindre la jeunesse, et de lui laisser la place pour qu’elle s’engage. Finalement, l’extension de notre présence mondiale dans de nouveaux pays est un défi de taille, qui nécessite un énorme travail d’accompagnement de ces nouvelles initiatives fragiles qui apparaissent spontanément un peu partout sur la planète, et qui veulent rejoindre le mouvement. C’est très réjouissant, mais défiant à la fois!
Comment vois-tu l'évolution du mouvement pour ces 5 prochaines années?
Un grand nombre d’initiatives de protection de la création menés par des chrétiens apparaissent spontanément un peu partout sur Terre, et ont besoin de ne pas se sentir isolées dans leur mission. Les connecter ensemble et leur donner l’opportunité de faire partir d’un mouvement global est très important pour leur pérennité. Si nous parvenons à bien intégrer et accompagner ces nouvelles entités, le mouvement va rapidement grandir ces prochaines années. En 2030, nous devrions rassembler des entités nationales dans une trentaine de nations, et autant de projets associés autour du monde. Cette forte croissance nécessitera de nouveaux moyens humains et financiers, et c’est un gros sujet de prière pour notre mouvement, que nous vous partageons. Merci de porter le futur d’A Rocha au niveau mondial dans vos prières! Car c’est un chemin que nous voulons faire pour, par et avec Dieu….
Comment peut-on aider au développement du mouvement depuis la Suisse?
A Rocha Suisse travaille depuis près de 10 ans avec des partenaires A Rocha dans le sud global: Pérou, Liban, Ouganda. Nous aimerions renforcer ces collaborations afin de rendre les entités nationales plus résilientes car inter-dépendantes les unes des autres. Il est possible de soutenir financièrement les projets de conservation ou d’éducation à l’environnement que nous menons dans ces pays en partenariat avec les A Rocha locales. Voir notre site web A Rocha Suisse pour davantage de détails. Une autre manière d’aider est de parler du mouvement A Rocha aux chrétiennes et chrétiens qui s’engagent pour la nature un peu partout sur la planète, afin de faciliter les collaborations locales et globales, et peut-être contribuer à la création d’une branche A Rocha locale, comme c’est en train de se passer dans de nombreux pays. Un réseau dense de projets locaux porté par des chrétiens tout autour de la planète aurait un impact positif énorme sur la conservation de la nature, sachant la proportion de la population étant de confession chrétienne dans de nombreux pays autour du globe.
En quoi les chrétiens peuvent faire une différence particulière pour la conservation de la nature?
Un grand nombre de pays à majorité ou forte minorité chrétienne se trouvent dans les régions appelées les « hot spots » pour la biodiversité. Ces pays ont en effet des écosystèmes uniques, ou à forte diversité. Il est donc essentiel que les populations locales s’impliquent dans la protection de ces écosystèmes. L’église locale représente, dans un grand nombre de pays du sud, une structure humaine résiliente et solidaire, au travers de laquelle des actions sur le long terme sont possibles. C’est pourquoi le mouvement A Rocha cherche à se développer rapidement dans ces pays, en partenariat avec l’église, car le temps presse, et les écosystèmes en danger nécessitent une protection urgente.
Photo prise par Joëlle Misson-Tille